La dialectique des « non-correspondances » dans la communication
https://orcid.org/0000-0002-0095-1717
Université Masaryk
kylousek@phil.muni.cz
RÉSUMÉ
La communication que nous maîtrisons, parfois inconsciemment ou quasi inconsciemment, comporte, à l’analyse, tout un système de démarches complexes visant à dépasser plusieurs seuils ontologiques et noétiques. En effet, le langage assemble et concilie des réalités de nature différente. Le sens semble donc être le résultat d’un choc dialectique qui transforme la différence (non-correspondance ontologique) en correspondance relationnelle. L’article tente de présenter à la suite des théoriciens, certains aspects clés de la problématique : incompatibilité du contenu mental, du langage et de la référence (triangle noétique Ogden-Richards), incompatibilité du signifiant et du signifié (Lotman, Kvasz), dialectique de la performance (parole) et de la pensée (Kleist), Unbestimmtheitsstellen (Ingarden, Mukařovský), Leerstelle (Iser). L’investigation tente de mettre en évidence plusieurs points contradictoires de la noèsis qui sous-tend, entre autres, la créativité littéraire.
MOTS-CLÉS – triangle noétique, langue / parole, (in)détermination, noèsis
The Dialectic of “Non-Correspondences” in Communication
SUMMARY
The communication we master, sometimes unconsciously or almost unconsciously, involves, upon analysis, a whole system of complex steps aimed at overcoming several ontological and noetic thresholds. Indeed, language assembles and reconciles realities of different natures. Meaning thus seems to be the result of a dialectical clash that transforms difference (ontological non-correspondence) into relational correspondence. Following in the theoreticians’ footsteps, the article attempts to present some key aspects of the problem: incompatibility of mental content, language and reference (Ogden-Richards noetic triangle), incompatibility of signifier and signified (Lotman, Kvasz), dialectics of performance (speech) and thought (Kleist), Unbestimmtheitsstellen (Ingarden, Mukařovský), and Leerstelle (Iser). The study attempts to highlight several contradictory points of the noesis that underpins, among other things, literary creativity.
KEYWORDS – noetic triangle, language/speech, (in)determination, noesis
La communication que nous maîtrisons, parfois inconsciemment ou quasi inconsciemment, comporte, à l’analyse, tout un système de démarches complexes visant à dépasser plusieurs seuils ontologiques et noétiques. Autrement dit, le langage ou plutôt les langages concilient et synthétisent des réalités différentes, voire disparates. Nous tenterons d’en présenter quelques-unes en nous référant aux théoriciens qui les ont analysées : incompatibilité du contenu mental, du langage et de la référence (triangle noétique d’Ogden-Richards), incompatibilité du signifiant et du signifié (Lotman, Kvasz), dialectique de la performance (parole) et de la pensée (Kleist), Unbestimmtheitsstellen (Ingarden, Mukařovský), Leerstelle (Iser). Sans prétendre à l’exhaustivité, notre contribution se veut avant tout une présentation des problèmes auxquels peut se heurter la recherche dans certains cas. Une partie de nos arguments s’appuie sur ceux que nous avons avancés et publiés dans notre article « Le flou – la septième fonction du langage?[1] »
1. Statut ontologique du langage et la noèsis
Si l’on se réfère au triangle d’Odgen-Richards qui met en relation la référence (l’univers référentiel), le contenu mental (le concept) et le langage, on ne saurait ne pas remarquer des seuils ontologiques qui les séparent, car, on le sait, les trois composantes ne sont pas consubstantielles. Le tableau représentant la pipe et la phrase de René Magritte « Ceci n’est pas une pipe »[2] résume parfaitement la situation. Pourtant, nous établissons des correspondances en transgressant les seuils, semble-t-il naturellement, comme si le mot pouvait s’identifier à la pensée et à la référence :
La situation est d’autant plus complexe du fait même de l’étendue du domaine constitutif de chacune des composantes du triangle noétique (sémiologique). Rappelons le fait archiconnu : face au continuum de l’univers référentiel, le savoir et la langue, en nommant, procèdent par segmentation et catégorisation et celles-ci diffèrent d’une langue à l’autre et d’un type du savoir à l’autre. La correspondance inadéquate des trois composantes de la noèsis est une des sources possibles de l’imprécision sémantique. Ajoutons un autre facteur : le nombre limité d’unités sémantiques. Pour nommer le monde et les phénomènes, les langues sont obligées de générer la polysémie qui à la fois enrichit et brouille. La situation est de plus compliquée par l’inégalité catégorielle des unités lexicales qui reflète différents statuts fonctionnels des parties du discours.
Un autre facteur, d’ordre temporel et partant syntaxique, complique les « correspondances ». Il est à la fois lié à la noèsis, schématisée par le triangle d’Ogden-Richards, et à la nature même du signe linguistique : il s’agit de la nécessité de transformer l’instantanéité du contenu mental en séquences de mots enchaînés. La segmentation est projetée dans le temps en procédant simultanément sur l’axe paradigmatique, qui peut être la source de connotations ou contenus sémantiques ajoutés au dit, et sur l’axe syntagmatique qui ordonne la parole selon la logique syntaxique. En effet, de quelle nature est la « correspondance » entre le signifiant et le signifié ?
Il convient d’évoquer, à ce propos, la dualité relevée par Youri Mikhailovitch Lotman qui se réfère à l’asymétrie systémique du fonctionnement des hémisphères du cerveau humain et insiste, quant au fonctionnement du langage, sur la jonction de la logique et de l’imaginé[3]. Le langage en fait associe et fait correspondre deux réalités bien distinctes : une structure logique et abstraite (règles du code), assujettie au temps de la réalisation parolière syntaxique qui véhicule les images et les représentations tendant à l’instantanéité et, dans leur nature interne, proches de la spatialité. Le langage, en ce sens, est une association d’une spatialité instantanée et d’une temporalité irréductible de la réalisation du code structuré logiquement.
En cela le langage naturel ressemblerait à celui des mathématiques mis en évidence par Ladislav Kvasz qui a démontré à quel point, dans l’histoire des mathématiques et de leur double langage, l’interaction de la pensée concrète, matérielle, de la géométrie, et de la pensée abstraite de l’algèbre fonctionne comme un mécanisme dialectique interne du développement[4]. Si la structuration du langage des mathématiques et du langage naturel semble obéir au même principe d’ordre biologique et anthropologique, la différence est patente : sauf des cas bien déterminés du discours « logique », « scientifique », qui surveille l’adéquation, le langage courant génère des significations qui débordent le dit.
2. Dialectique de la performance (parole) et de la pensée
Il est inutile sans doute de remonter jusqu’à Immanuel Kant et sa distinction entre le moi empirique et l’idée générale du moi pour indiquer la complexité des opérations inconscientes que nous effectuons en pensant et en communiquant. En tout cas, il convient, avec Hegel, d’accepter la négation du moi qu’est le moi des autres pour qu’on puisse envisager non seulement la communication entre les moi sociaux généralisés dans le concept lui-même. Cette réflexion se prolonge non seulement jusqu’à Soi-même comme un autre de Paul Ricœur[5], mais concerne toute conceptualisation et donc le dépassement du seuil entre le langage et les contenus mentaux. Que l’opération ne soit pas toujours évidente, c’est l’apprentissage de la langue qui peut nous le montrer, notamment l’identification de la pluralité des objets référentiels sous un même mot, autrement dit la distinction entre signification et dénotation.
On a tendance à simplifier la relation entre les contenus mentaux et le langage en considérant celui-ci comme un prolongement et une extension de l’autre. En est-il toujours ainsi ? N’y a-t-il pas une dynamique de l’acte de parole, de la pensée et de la situation d’énonciation (ou de lecture, d’écoute) ?
En paraphrasant l’adage « l’appétit vient en mangeant » Heinrich von Kleist affirme que « l’idée vient en parlant ». Il se réfère à deux exemples : l’analyse du discours du renard dans la fable de La Fontaine « Les animaux malades de la peste », où il insiste sur le mécanisme du renversement de la situation, et le discours de Mirabeau suite à la dissolution des États-Généraux par Louis XVI le 23 juin 1789. Dans les deux cas, les nouvelles idées émergent de la situation de communication avec, comme force génératrice, la communication et le langage[6].
La complexité du contenu mental en train de s’élaborer et du langage est illustrée par Václav Jamek, écrivain tchéco-français et traducteur :
Enfin, pour rendre ce qui (se) passe dans la conscience, comment en saisir le mouvant, le multiple, par le langage, qui s’ordonne en un seul flux, en une succession patiente, avec sa tendance au liant ? Le langage génère sa propre réalité, il n’a pas le même dynamisme que les autres processus qui effleurent la conscience. « Se situer en discours » (élaborer, tirer au clair, progresser en conscience et ainsi la « constituer ») à son tour dénature la vérité de ce que le discours est chargé de saisir, car c’est sa façon de saisir qui détermine ce qu’il saisit. Souvent je me sens écrasé de découragement, devant moi-même (je donne toujours raison au réel et ce n’est qu’à force de me savoir aussi réel, c’est-à-dire égal en réel au reste du réel, que je peux moi-même m’approuver) : l’intelligibilité que je pratique n’est que la forme la plus coûteuse de l’incompréhension[7].
3. Sous-détermination et indétermination : intentionnalité, Unbestimmheitstellen, Leerstelle, théories de la fiction et des mondes possibles
La situation impliquée par le triangle noétique se complique dès que nous entrons sur le terrain dominé par l’institution culturelle qu’est la littérature. En effet, quelle est la différence entre un énoncé « normal » et une énonciation littéraire? Quelle est la relation (correspondance) entre le monde textuel et le monde actuel (réel) ? La notion de fiction s’élabore progressivement à partir des realia rationis de la scolastique (Thomas d’Aquin, Duns Scotus), à travers les mondes possibles de la Théodicée (1710) de Gottfried Wilhelm Leibniz que la logique moderne, notamment Saül Kripke, ont réintroduits dans les débats et que Thomas Pavel et Lubomír Doležel ont développés en théories de la fictionalité[8].
En tout cas, nous sommes toujours sur un terrain qui intéresse aussi bien la linguistique que la littérature. Il importe de constater, à ce propos, que les approches logiques ont été précédées par des réflexions théoriques phénoménologiques, structuralistes et réceptionnistes qui ont constaté l’incomplétude de la représentation fictionnelle. Limitons-nous à mentionner Roman Ingarden, Jan Mukařovský et Wolfgang Iser qui, chacun d’un point de vue différent, ont envisagé la problématique de l’intentionnalité et de la détermination tant du côté de l’écriture que de celle de la réception, qu’il s’agisse de la non-intentionnalité comme produit latéral de l’intentionnalité (Mukařovský), des Unbestimmtheitsstellen (Ingarden) ou des Leerstelle (Iser)[9].
Les modélisations de Lubomír Doležel et, après lui, celles de Françoise Lavocat, Marc Escola et d’autres calculent avec l’incomplétude et le potentiel sémantiquement saturable du monde fictionnel[10].
Or, il ne s’agit pas seulement de la fiction, mais d’une propriété générale du langage et du triangle noétique que l’institution littéraire ne fait que rendre plus complexe.
Les imperfections du langage naturel sont nombreuses. La complexité de la communication crée des interstices informationnels qui sont autant de suggestions de sens dans la mesure où le flou, non-intentionnel ou intentionnel, ouvre un espace à une pluralité de significations.
Ce trait relativement fréquent de la communication peut être mis à profit par la littérature. En analysant, entre autres, l’œuvre de Samuel Beckett, Horace Porter Abbot parle du procédé intentionnel : « It is an intended effect […] how readers […] can be made not only to know that they don’t know, which is a matter of understanding, but also to be immersed in the condition of unknowing, which is a matter of experience »[11].
Or, l’expérience dont Horace Porter Abbot parle fait elle aussi partie de la noèsis et fonctionne dans le sens productif, car l’espace d’incertitude ou de vide sémantique invite à s’avancer au-delà du dit où le non-conceptuel ou le non-conceptualisable est suggéré en faisant appel à l’intuition, à l’imagination ou à l’imaginaire. Là encore, les seuils ontologiques séparant le langage et le contenu mental sont mis à profit.
L’imprécision, intentionnelle, peut être véhiculée par le sémantisme même des mots et des parties du discours comme le montre ce rondeau de Charles d’Orléans :
Puis ça puis là,
Et sus et jus,
De plus en plus
Tout vient et va.
Tous on verra,
Grands et menus,
Puis ça puis là,
Et sus et jus.
Vieux temps déjà
S’en sont courus.
Et neufs venus.
Que dea, que dea,
Puis ça puis là[12].
En quoi consiste le secret de cette expérience existentielle et du flou des sentiments, difficilement communiquables et pourtant communiqués ? Reportons-nous aux constatations de la linguistique générale qui distingue du point de vue de la systématique quatre catégories universelles parmi les parties du discours : substances (substantifs et associés), attributs statiques (adjectifs et associés), attributs dynamiques (verbes et associés) et attributs des attributs. En ce qui concerne la précision sémantique, la clarté, ce sont les substances qui l’emportent[13].
Si, de ce point de vue, on examine le poème de Charles d’Orléans, on constate la quasi-absence de substantifs. Les rares mots exprimant la substance sont en plus difficiles à cerner ou à délimiter : tout, tous, on, temps. Les attributs des attributs dominent d’autant plus qu’ils figurent dans les vers récurrents, désignant une vague orientation temporelle (puis ça puis là) et spatiale (et sus et jus) avec une intensification quantitative (de plus en plus). Le sujet poétique, en poésie le plus souvent exprimé par un je, n’est pas explicité, mais insinué, ici, par une interjection répétée (que dea, que dea). Le poème suggère un état vague de résignation vécue, une expérience de désarroi devant la fuite du temps et la banalité de la répétitivité, le tâtonnement du sentiment, voire le refus d’une thématisation précise. Le flou exprimé renvoie à un état psychique informe et quasi informulable, pourtant formulé.
4. Acceptons-nous le non-sens ou l’absence du sens ?
Dans quelle mesure pouvons-nous alors envisager la correspondance ou la non-correspondance entre les éléments du triangle noétique ? Qu’il s’agisse du non-dit (le cas de Beckett analysé par Horace Porter Abbot) ou bien du dit intentionnellement flou (le cas de Charles d’Orléans), le vide sémantique de la communication trouée appelle une sémantisation. La noèsis s’impose dès qu’une situation de communication est acceptée. L’art, notamment, tourne les inconvénients du triangle noétique et des seuils ontologiques à son avantage en activant les interstices informationnels pour actionner non seulement la partie notionnelle ou conceptuelle de l’entendement, mais la complexité de la sensibilité et de l’imagination. Considérons ce poème dada de Jean/Hans Arp. Les fragments de mots « sensés » sont entourés de sons rythmés et enchanteurs qui glissent progressivement – et en recourant par deux fois aux nasales « on » – de la dominante en « i » vers « u ». Le poème nous invite à écouter et à imaginer pour voir. S’agirait-il d’un oiseau qui chante et qui serait piégé au gluau par un oiseleur ? Nous sommes en présence d’un langage décomposé qui invite, voire force à donner sens au texte : un sens aux contours imprécis, pourtant bien « parlant » :
Firi
lion de nuit é pli
dépli ivri par pli
débranche si pi si pli
firi firi
i
gli
car rond ton son piri
tiu tiu en voute
ilion ti piri
lion signole ré mi
si illicide lyrie
inique isis si pli
son ton é rond enchante
invoute empli la nuit
tiu tiu é glu
supu tiu glu
glu supu
tulu[14]
Tout en accentuant les éléments « formels » – le rythme et les sonorités – la décomposition du langage frôle la limite de l’effacement de la signification et dénude la structure matérielle, sonore, du support qu’elle transforme en une composition abstraite. Est-ce une réduction du signifiant ou bien, au contraire, une accentuation du signifiant au détriment du signifié ? Ou bien est-ce la formulation d’un signifiant spécifique censé générer le signifiant d’une autre sorte? Car accepterions-nous le non-sens ou l’absence du sens? Ou bien concevons-nous, en dépit de tout, un sens qui se forme, une interprétation, une image au sens de la dualité indiquée plus haut par Youri Mikhailovitch Lotman ? Si la démarche radicale de Jean/Hans Arp met en évidence le jeu du signifiant/signifié et la non-correspondance entre les éléments du triangle noétique, elle met aussi en marche la noèsis et invite ou force le lecteur à établir, même hypothétiquement, les correspondances entre sons (dont certains seulement sont partiellement signifiants) et signifiés possibles.
Cela nous ramène au début de nos réflexions sur les non-correspondances ou plutôt sur la nature du processus qui régit le flux noétique et sa traversée des seuils ontologiques. On pourrait même, à ce stade, poser la question de la réductibilité ou non-réductibilité des éléments du triangle noétique. L’élément qui semble sinon irréductible, du moins irrépressible est le sens associé au contenu mental et projeté sur la référence, alors que la nature et la forme même du langage peuvent, semble-t-il, relever de l’aléatoire ou du non-déterminé préalablement, ouvrant ainsi un champ libre à la créativité. Car tout peut être instauré en signe, selon Charles Sanders Peirce[15]. En effet, la genèse du sens peut s’enclencher même en l’absence ou quasi-absence de toute forme linguistique, comme le prouve le poème « Fisches Nachtgesang » de Christian Morgenstern[16] :
L’abstraction de l’image est stimulée par le titre, par la forme « strophique », symétrique, du dessin, par le rythme alternant les segments de droites et les demi-cercles suggérant la surface ondulante d’un plan d’eau, par la représentation mentale de la mutité du poisson liée au silence de la nuit. Finalement peu est dit, peu est énoncé. Et c’est le minimalisme qui contraste avec l’abondance des sons de Jean Arp. Le dit et le montré sont suggestifs à la fois par ce qu’ils représentent et par ce qui n’est ni dit, ni montré.
5. Une conclusion non-concluante
Mon propos hétéroclite a surtout voulu être provocateur pour inciter à réfléchir sur quelques aspects du phénomène langage, pensée, communication. Certaines constantes anthropologiques, mises en évidences par Saussure, Lotman ou Kvasz qui sous-tendent la structuration interne du langage et la relation entre le contenu mental, le langage et la référence du monde actuel influent sur la communication et, au niveau des réalités littéraires, sur la communicabilité même de l’institution qu’est la littérature. Si j’ai accentué la non-correspondance dans le titre de mon article, c’est pour mettre en évidence la négativité, au sens hegelien, qui provoque le dépassement des contradictions dont j’ai essayé d’illustrer quelques-unes. Arrêtons-nous à ce constat. Car la nature du mécanisme du dépassement qui établit les correspondances entre les réalités non correspondantes semble ne plus relever du domaine de la philologie, mais bien plutôt de celui de la neurologie.
Autorzy
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Notes
- 1 Petr Kyloušek, « Le flou – la septième fonction du langage ? », Svět Literatury, Praha, Filozofická fakulta Univerzity Karlovy, 2024, 34, p. 151-159, https://dx.doi.org/10.14712/23366729.2024.3.13
- 2 R. Magritte, « La Trahison des Images / Ceci n’est pas une pipe » (1928-1929). Le tableau se trouve à Los Angeles County Museum of Art.
- 3 Y. M. Lotman, « Asymetria a dialóg » et « Bachtinova dialogická koncepcia kultury », in J. M. Lotman, Text a kultura, Bratislava, Archa, 1994, p. 31-47 et 48-66. Nous omettons ici les détails de la neurologie du langage et les différentes découvertes concernant le fonctionnement du cerveau. Voir aussi Y. M. Lotman, Universe of the Mind. A Semiotic Theory of Culture, Introduction by Umberto Eco, translated by Ann Shukman, Bloomington, Indiana University Press, 2001.
- 4 L. Kvasz, Patterns of Change. Linguistic Innovations in the Development of Classical Mathematics, Basel, Birkhaüser, Verlag, 2008.
- 5 P. Ricœur, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990.
- 6 H. von Kleist, « Über die allmähliche Verfertigung der Gedanken beim Reden », in H. von Kleist, Sämtliche Erzählungen, Frankfurt a.M., Deutscher Klassiker Verlag, 2005, p. 534-540.
- 7 V. Jamek, L’Écran de cendres, Prague, Tortue Séquestrée/Torst, 2023, p. 346.
- 8 M.-L. Demonet, « Objets fictifs et “êtres de raison” : locataires de mondes à la Renaissance », in La Théorie littéraire des mondes possibles, éd. Françoise Lavocat, Paris, CNRS Éditons, 2010, p. 127-148.
- 9 J. Mukařovský, « Záměrnost a nezáměrnost v umění » (« Intentionnalité et non-intentionnalité dans l’art »), in J. Mukařovský, Studie 1, Brno, Host, 2000, p. 353-390 ; R. Ingarden, Das Literarische Kunstwerk. Eine Untersuchung aus dem Grenzgebiet des Ontologie, Logik und Literaturwissenschaft, Halle, Niemeyer, 1931 ; W. Iser, Der Akt des Lesens. Theorie ästhetischer Wirkung, München, Fink, 1976.
- 10 L. Doležel, Heterocosmica. Fiction and Possible Worlds, Baltimore/London, John Hopkins University Press, 1998 ; Françoise Lavocat, (éd.), La Théorie littéraire des mondes possibles, Paris, CNRS Éditons, 2010 ; Marc Escola, « Changer le monde : textes possibles, mondes possibles », in La Théorie littéraire des mondes possibles, éd. Françoise Lavocat, Paris, CNRS Éditions, 2010, p. 243-257.
- 11 H. P. Abbot, Real Mysteries. Narrative and the Unknowable, Columbus: The Ohio State University Press, 2016, p. 3.
- 12 Ch. d’Orléans, Poésies II, Paris, Honoré Champion, 1924, p. 484-485.
- 13 Z. Hladká, « Autosémantikum », in Nový encyklopedický slovník češtiny, https://www.czechency.org/slovnik/AUTOS%C3%89MANTIKUM#, consulté le 31.10.2024 ; Zdeňka Hladká, « Synsémantikum », in Nový encyklopedický slovník češtiny, https://www.czechency.org/slovnik/SYNS%C3%89MANTIKUM, consulté le 31.10.2024.
- 14 Cité d’après A. Mareuge, « Arp’s “Moods” from Dada to Experimental Poetry. The Late Poetry in Dialogue with the New Avant-Gardes », in The Art of Hans Arp after 1945, éd. J. Teuscher, Würtenberger, Lorette, 2, Stiftung Arp e.V. Papers, 2018, p. 130.
- 15 Ch. S. Peirce, The essential Peirce: selected philosophical writings 2, éd. Nathan Houser, Bloomington, Indiana University Press, 1998.
- 16 https://de.wikisource.org/wiki/Fisches_Nachtgesang, consulté le 31.10.2024. La source se réfère à Ch. Morgenstern, Alle Galgenlieder, Zürich, Diogenes, 1981, p. 25.